Démarchage téléphonique : ce que la loi du 11 août 2026 exige de votre CRM
Depuis le 11 août 2026, appeler un particulier sans son consentement préalable est interdit en France, et c'est au professionnel de prouver que ce consentement existait. L'amende va jusqu'à 375 000 € pour une société, la sanction est publiée, et tout contrat signé à la suite d'un appel irrégulier est nul. Presque aucun logiciel de gestion commerciale ne sait produire cette preuve. Voici ce qu'elle doit contenir, et un vérificateur gratuit pour savoir où vous en êtes.
Le registre qui produit cette preuve est inclus dans Closara : voir comment il fonctionne.
Le vérificateur : ai-je le droit d'appeler ce numéro, maintenant ?
Six questions, aucune donnée transmise, aucun compte à créer. Le verdict cite l'article qui s'applique. Il se trompe volontairement du côté du refus : en cas de doute, il dit non.
Ce que la loi exige, article par article
Le consentement, et sa preuve
L'article L. 223-1 du code de la consommation interdit d'appeler un consommateur sans son accord préalable, et précise qu'« il appartient au professionnel d'apporter la preuve que le consentement du consommateur a été recueilli ». Une note dans un champ libre n'est pas une preuve.
Les cinq mentions
L'article R. 223-1 du décret n° 2026-662 exige que la demande de consentement porte l'identité du professionnel et du tiers appelant pour son compte, la nature des biens ou services, une période qui ne peut excéder un an, le droit de retrait et ses modalités, et l'information que la preuve est communicable. Si l'une manque sur la preuve, le consommateur est réputé n'avoir pas consenti.
Un an, sans reconduction
Le même article interdit la reconduction tacite. Un consentement recueilli il y a treize mois ne vaut plus rien, même si la personne n'a rien dit.
La preuve rendue au titulaire
L'article R. 223-2 impose de conserver trois ans, et de remettre la preuve « gratuitement », « de manière individualisée », sur support durable. Si c'est une page en ligne, l'accès doit être authentifié sans que la création d'un compte client soit nécessaire. C'est le détail que presque tout le monde rate.
Le retrait peut être oral
L'article R. 223-3 prévoit que le consentement se retire par des modalités qui ne peuvent être plus complexes que celles du recueil, y compris oralement. Un refus exprimé au téléphone doit donc être enregistré immédiatement, et il est définitif.
Les horaires et la fréquence
L'article D. 223-9 limite les appels au lundi-vendredi hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, dans le fuseau du consommateur, et à quatre tentatives par personne sur trente jours glissants, répondeurs et appels en absence compris, tous numéros confondus.
La sanction, et pourquoi elle ne s'arrête pas à l'amende
L'article L. 242-16 prévoit jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société, et la publication de la sanction est systématique. Mais deux mécanismes coûtent souvent plus cher que l'amende.
La nullité des contrats
Tout contrat conclu à la suite d'un démarchage irrégulier est nul. Le risque n'est donc pas un montant fixe : il est indexé sur le chiffre d'affaires réalisé pendant la période.
La présomption de responsabilité
« Tout professionnel ayant tiré profit de sollicitations commerciales […] est présumé responsable […] sauf s'il démontre qu'il n'est pas à l'origine de leur violation. » L'annonceur qui n'a jamais décroché un téléphone est présumé coupable des appels de son prestataire, et une clause de conformité dans le contrat ne suffit plus.
Ce n'est pas théorique
Le 2 octobre 2025, la DGCCRF a prononcé une amende de plus de six millions d'euros, notamment pour des appels passés à des horaires et à des fréquences interdits, sous le régime précédent, plus permissif que celui d'aujourd'hui.
Ce que fait Closara, et ce qu'aucun autre CRM ne fait
Nous avons cherché, le 27 août 2026, un éditeur de logiciel de gestion commerciale positionné sur cette obligation. Les pages qui répondent à ces requêtes sont tenues par des cabinets d'avocats, des sites gouvernementaux et des éditeurs de téléphonie. Nous n'en avons trouvé aucun. Si vous en connaissez un, écrivez-nous : nous corrigerons cette page.
Un registre chaîné
Chaque preuve est scellée à la précédente par une empreinte. Réécrire une ligne casse la chaîne, et le contrôle le voit. Le dossier de conformité refuse de se produire sur une chaîne rompue, plutôt que de se produire en silence.
Un verrou, pas un panneau
Hors créneau légal, plafond de tentatives atteint, consentement expiré ou retiré : l'appel est refusé et la raison s'affiche. Le logiciel ne se contente pas d'informer, il empêche.
L'opposition traverse les espaces
Une personne qui s'est opposée chez l'un de vos clients ne peut plus être appelée depuis l'espace d'un autre. La loi vise le professionnel, pas le dossier.
La preuve rendue sans compte
Le titulaire reçoit un lien signé qui lui montre la phrase exacte qu'il a lue, la date, l'heure et les cinq mentions. Aucun compte à créer, comme l'exige le décret. Voir à quoi ressemble cette preuve.
Le dossier de défense
Un export par client, daté, qui répond aux quatre questions d'un contrôle : qui a été appelé, pourquoi c'était permis, avec quelle preuve, et par qui. C'est ce que l'agence remet à son client.
Le retrait oral, en un geste
Pendant l'appel, un bouton enregistre le refus. Il est définitif, il vaut pour toute l'installation, et il est horodaté dans la même chaîne que le consentement.
Questions fréquentes
La loi du 11 août 2026 s'applique-t-elle au B2B ?
Le régime du consentement préalable vise le consommateur. Pour les professionnels, la CNIL retient un régime d'opposition : ils doivent être informés et pouvoir s'y opposer. La difficulté est ailleurs : le mobile personnel d'un dirigeant, l'auto-entrepreneur ou un fichier mixte brouillent la frontière. La sécurité vient moins de l'étiquette « B2B » que de la cohérence entre la cible, le numéro, le message et la preuve conservée.
Une case cochée sur un formulaire suffit-elle ?
Seulement si elle est décochée par défaut, si elle résulte d'un acte positif clair, et si la phrase affichée portait les cinq mentions de l'article R. 223-1. Une mention prérédigée ou la simple poursuite de la navigation ne valent pas consentement, et le décret le dit expressément.
Combien de temps faut-il conserver la preuve ?
Trois ans à compter du recueil, selon l'article R. 223-2, et elle doit rester communicable au consommateur pendant toute cette durée, gratuitement.
Que se passe-t-il si mon prestataire d'appels ne respecte pas la loi ?
Vous êtes présumé responsable dès lors que vous avez tiré profit des appels, et il vous appartient de démontrer que vous n'êtes pas à l'origine du manquement. Invoquer une clause de conformité dans le contrat ne suffit pas : il faut produire des éléments positifs.
Combien d'appels puis-je passer à la même personne ?
Quatre au maximum sur trente jours glissants, tous numéros confondus, en comptant les répondeurs et les appels en absence. Si la personne refuse la poursuite de la conversation, l'appel cesse sans délai et vous ne devez plus la contacter.
Closara est-il un conseil juridique ?
Non. Cette page et le vérificateur sont fournis à titre informatif et reflètent notre lecture des textes au 27 août 2026. Ils ne remplacent pas l'avis d'un avocat, et nous préférons l'écrire plutôt que de le laisser croire.
Sources
Chaque affirmation de cette page s'appuie sur un texte officiel. Nous citons les sources primaires plutôt que des commentaires, pour que vous puissiez vérifier au lieu de nous croire.
- Article L. 223-1 du code de la consommation, en vigueur au 11 août 2026
- Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026, recueil et retrait du consentement
- Article L. 242-16 du code de la consommation, sanctions
- DGCCRF : les règles du démarchage téléphonique s'imposant aux entreprises
- CNIL : prospection commerciale par téléphone, quelles règles